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L’intelligence collective est une arme de destruction massive des fausses informations et des rumeurs

Un excellent article de Radio Canada, publié le 5 juin dernier, explique dans le détail pourquoi les « fake news » se répandent. En résumé, nous sommes les victimes de notre cerveau. Ce sont nos biais cognitifs qui nous poussent à croire ces fausses nouvelles. Bonne nouvelle : l’article donne aussi des pistes pour limiter ce phénomène. La première piste mise en avant par les chercheurs est la réflexion. Prendre le temps de réfléchir face à une fausse information permet de l’identifier comme telle. Et donc d’avoir moins tendance à y croire. Les chercheurs ont également explorer une autre manière de lutter contre nos biais cognitifs. Elle consiste à s’entourer de personnes ayant des points de vue différents des nôtres. Cela permet de ne pas s’enfermer dans une vision unique du monde. Ce dernier point est une preuve de plus que la diversité est une richesse et un levier de performance dans une équipe.

 

Tout ceci est passionnant (si, si…) mais je vous entends déjà me dire : « mais quel est le rapport avec les transformations ? »

 

Il est simple.

 

Nous sommes souvent confrontés aux rumeurs et bruits de couloirs lorsque nous accompagnons des transformations. Et comme pour les fameuses « fake news », il est toujours étonnant de voir les gens y adhérer et les propager. Et la lecture de l’article de Radio Canada m’a donné envie d’explorer comment mettre en oeuvre les pistes de solutions évoquées par les chercheurs qu’il mentionne. La réponse m’est apparue rapidement : simplement en ayant recours à l’intelligence collective. Au-delà du fait que l’intelligence collective facilite l’appropriation des transformations et génère de l’engagement durable, elle permet aussi de limiter les bruits de couloir et de promouvoir une même vision du futur.

 

Pourquoi ?

 

Tout d’abord, parce que l’intelligence collective permet de faire émerger une vision partagée du futur. Cela a pour vertu de maximiser l’appropriation de cette vision par le plus grand nombre, qui en devient alors le meilleur ambassadeur. Ceci limite de facto la place laissée à la fameuse radio moquette !

 

Ensuite parce que l’intelligence collective a deux avantages majeurs. Le premier est de cumuler les savoirs et connaissances des participants. Le groupe s’enrichit des apports de chacun et chaque nouveau participant enrichit le groupe. Le second est de limiter ces fameux biais cognitifs. C’est l’effet bénéfique de la diversité des opinions prôné par Hugo Mercier en fin d’article : nos biais réciproques s’annulent les uns les autres.

 

L’intelligence collective est donc le meilleur moyen de limiter l’influence des rumeurs et fausses informations dans les projets de transformation. La parole et la réflexion des uns régulent l’emballement des autres.

 

Reste la question du « Comment ».

 

En y ajoutant deux autres ingrédients : la transparence et l’ouverture.

 

La transparence dans les informations communiquées : le partage de l’information la plus « brute » possible est toujours un axe intéressant : il permet de voir l’analyse qu’en font les collaborateurs et c’est souvent étonnant. Lorsque nous proposons cette approche, nous faisons fréquemment face aux réticences des dirigeants. Ils ont peur que l’information brute ne soit pas comprise ou que l’analyse qui en sera faite ne soit pas utile. Comme pour 92% des peurs, cette peur ne repose sur aucune menace concrète… En revanche, dans 100% des cas où nous l’avons fait, les collaborateurs ont non seulement été parfaitement capables d’analyser l’information mais en plus ont-ils livré des axes de réflexion riches, pertinents et complémentaires de ceux de l’équipe dirigeante.

 

L’ouverture dans ce qu’il est possible de faire de ces informations. Il est classique de considérer que c’est à l’équipe dirigeante ou au manager de proposer ou décider quoi faire face aux enjeux de l’entreprise. A l’heure où le niveau de complexité pour appréhender le futur explose, il est toujours intéressant de proposer aux équipes de se livrer au même exercice : « Et vous, dans cette situation, que feriez-vous à la place de vos dirigeants ? » Non seulement il est possible d’en retirer des pistes d’action efficaces et actionnables, mais cela permet de faciliter l’appropriation des décisions prises par l’équipe dirigeante et donc la mise en action par la suite.

 

En résumé…

 

Face à la complexité d’une transformation, un leader trouvera toujours des bénéfices concrets et opérationnels à la mise en intelligence collective de ses équipes, que ce soit pour faire le point sur la situation ou se projeter dans l’avenir. Ce temps de prise de recul collectif, qui est parfois perçu comme une perte de temps, est en réalité une prise d’élan qui facilite le déploiement de la transformation et donc de l’accélérer. Et qui permet de tordre le cou aux fausses informations…

 

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